La Chronique de Bill – 21 mai 2022

29 mai 2022

Champions, on est champions ! Quoi ? Vous saviez pas ? Vous faisiez quoi ces derniers jours ? Un trek dans l’Himalaya ? Et y avait pas de Wi-Fi ? Bon, je vous raconte alors. Et donc, on est champions. Ou plutôt, pour être exact, les Blue Bears sont champions. A moins que… les cris, les applaudissements et les larmes, ça compte ? Paske si ça compte, on est quand même plus de 200 à pouvoir revendiquer un petit bout du trophée. Plus de 200, vous avez bien lu. J’ai entendu quelqu’un dire en interview qu’on était 400 mais ça, ça me paraît un peu exagéré. Ceci dit, la salle était archipleine et on avait tous les joues peintes en bleu et jaune, merci Louis. Des petits, des grands, des jeunes, des vieux, des parents, des grands-parents, des amis, dans les gradins, sur des chaises, des bancs, des tables, assis par terre, debout, j’avais jamais vu autant de monde et ressenti autant de pression. Le Prèz tremblait des pieds à la tête et perso, j’avais l’estomac tellement noué que je pouvais plus respirer. Même que je me suis dit que si les Bears avaient ne fût-ce que le quart de mon stress, ils seraient paralysés et ça serait le carnage. Mais non, pas du tout. Au coup d’envoi, sifflé par une paire d’arbitres du plus haut niveau qu’on a dans not’ pays, je les ai trouvé plutôt sereins, en fait. Première action : défense en zone sur Gaet, peno, but. Deuxième action : défense en zone sur Gaet, peno, but. Je suis pas sûr que nos arbitres habituels auraient sifflé ça en tout début de rencontre, mais c’était juste, et pour nous, c’était 2-0, merci Nathan. On le savait évidemment pas à ce moment-là mais les Oranges allaient jamais revenir. D’habitude, ils peuvent compter sur leur buteur vedette, le meilleur du championnat, pour enfiler dix ou vingt buts par match et j’avais entendu Jamy dire le samedi précédent « faut juste l’empêcher d’en mettre plus que dix et ça devrait aller ». Alors on lui a mis Alex sur le paletot, qui a tellement bien fait le taf que le pauvre buteur, il avait pas de ballon, ratait ses passes, tirait à côté ou, dans les rares cas où il parvenait à cadrer, tombait sur un Yo des grands jours. Total, pas un seul but pendant toute la première mi-temps, merci Alex. L’autre bonne idée du coach, c’était d’aligner ses cadors en début de partie. Et quand le premier a mis sa main horizontalement sur sa gorge pour dire qu’il en pouvait plus, pas de souci, il a fait monter les jeunes, qui ont tellement de talent qu’ils peuvent garder la baraque pendant que les vieux soufflent. C’est confort d’avoir un banc de cette qualité !

Côté gradins, ça criait, ça chantait, ça hurlait, bref, on faisait un boucan d’enfer. Certains avaient apporté le champagne en secret « au cas où » et ce que les Bears ne savaient pas et qu’on s’est bien gardés de leur dire avant le match, c’est que la coupe et les médailles les attendaient aussi, « au cas où ». Côté terrain, l’écart faisait l’élastique mais à chaque fois que les Oranges se rapprochent, c’est simple, tu donnes le ballon à Bert et il marque. Notre nouvelle paire à gauche, ça envoie du lourd.

Dans le dernier quart d’heure, on a commencé à faire des calculs, à se dire que remonter cinq buts, c’était pas possible, ou peut-être que si ?, on était tendus et confiants à la fois, mais personne ne voulait crier « on est champions » avant l’heure. Mais quel délire dans la salle pendant la dernière minute ! Tout le monde était debout, les joueurs se tapaient déjà dans les mains pendant que Baz nous récupérait encore un ballon, histoire de terminer sa carrière en beauté (c’est pas la première fois qu’il dit qu’il arrête mais cette fois, je suis pas sûr qu’on va parvenir à le faire changer d’avis). Au coup de sifflet final, bam bam dans les gradins, un jet de confettis sur le terrain. Un terrain instantanément envahi par tous les supporters, Prèz en tête, qui sautaient de joie, chantaient, dansaient, s’arrosaient mutuellement de champagne et se bousculaient pour être sur les photos officielles. On a vu les champions courir embrasser leurs proches, hurler leur joie, faire la ronde de la victoire. Au bout d’un très long moment, ça s’est un peu calmé, surtout quand ils ont découvert qu’on mettait une table en place au milieu du terrain et que les médailles et le trophée, c’était pour le soir même. Un par un, ils se sont présentés bien sagement pour recevoir leur médaille puis, rassemblés autour du trophée, ont désigné Nathan pour le brandir en premier. Quelle émotion de voir cette coupe levée, d’entendre les cris de joie de ces garçons, de voir tant de bonheur sur leurs visages. C’est tellement mérité, ils ont tellement travaillé depuis tellement d’années pour en arriver là. Merci les gars, pour ce match et tous les autres ! Et bonne chance en D1 la saison prochaine.

Bill